WHITESNAKE trompe la mort !

Ah WHITESNAKE… J’ai déjà eu l’occasion de m’expliquer sur le remaniement de ce groupe jovial et imparable ordonné par David Coverdale au mitan des années 80, au nom du dieu dollars. Car il faut rappeler que WHITESNAKE était l’un des meilleurs groupe de Hard-Rock bluesy au monde ( de 1977 à 83 ) avec que des pointures dedans qui de surcroît avaient décidé de s’éclater pour de bon ( finis les délires progueux/ pompeux à la Blackmore-Lord ) mais… Ce business n’est jamais que la musique seulement, n’est-ce pas les metalleux ? Le complot qui allait conduire à l’éviction du génial Bernie Marsden pour délit de sale gueule ( et gros bide ) puis au remplacement complet du groupe venait de l’intérieur et passait forcément par un ravalement de façade pour en garantir la meilleure exposition possible sur MTV… On enrôla donc un John Sykes jeune, beau et fraîchement sorti de Thin Lizzy mais que Coverdale fut incapable de garder sur sa tournée hyper lucrative de 1987-88. David Coverdale himself se sculpta un corps de dieu de l’Olympe, opta pour la plus belle permanente et s’adjugea une nouvelle compagne à réveiller les morts… Et on est là au coeur du problème car depuis son retour aux affaires en 2005, WHITESNAKE capitalise à sens unique sur cette période bankeable américaine qui vous l’aurez compris est loin d’être la meilleure musicalement parlant… Adrian Vandenberg, le lieutenant principal de Coverdale dans les années 90 m’a même avoué un jour ( à demi-mots, faut pas délirer non plus ! ) que le groupe de la tournée Slip of the Tongue n’était qu’une bande de mercenaires venus là pour toucher des primes sacrément juteuses… Et la musique dans tout ça, bordel ? Et bien c’est sans doute la bonne surprise de ce nouveau bébé Flesh & Blood de 2019, bien en chair et pour cause: 15 titres originaux avec les bonus tracks et tout ce qu’il faut de dosage pour sauver la mise ! Je dois vous avouer que je faisais partie des sceptiques prompts à douter des capacités vocales flinguées de l’idole. WHITESNAKE et son team ont abattu un boulot considérable pour rendre le tout acceptable et bien plus encore: Le 1er titre « Good to see you again » démarre par un riff à la Nugent et une slide guitare en mode Foghat, l’idiome Hard Blues semble préservé et nous aussi, on est donc content de retrouver ce WHITESNAKE là ! « Gonna be alright » une référence directe à Coverdale/ Page ( j’invite mes lecteurs à redécouvrir ce grand disque méconnu ), » Shut up and kiss » résume tout ce que WHITESNAKE peut offrir de meilleur aujourd’hui: Un bon groove hard rockn’roll relevé par le talent de Reb Beach. « Hey you » plus classique dans le style Stadium rock ne manquera pas de soulever le Hellfest. « Always & Forever » sonne comme un outake de Thin Lizzy période Bad Reputation ( pourquoi pas ? ) mais sur lequel Coverdale n’est pas top ( je me suis dis que Derek St Holmes aurait été parfait sur ce titre là… ). « When I think of you » n’est ni meilleure ni pire que Here I go again/ version 1987 ou Is This Love, donc tout va bien. « Trouble is your middle name » est un groove de rue avec des guitares vicieuses de bon aloi. Je manque de m’endormir sur « Flesh & Blood » et « Well Never », trop génériques et standards pour me titiller vraiment mais j’adore déjà « Heart of Stone » qui est leur Crying in the Rain pour 2019 ! Le mâle de rut ( ou plutôt ce qu’il en reste, pépère Coverdale aura 68 ans cette année ! ) est de retour avec « Get up », un prétexte à déluge de guitares bien accérées signé Joël Hoekstra et Reb Beach mais « Sand of Time » échoue là où Forevermore le titre était parvenu à faire revivre l’esprit Kashmir/ Judgment Day. Moins sudiste que la période Doug Aldrich mais moins chimique que Slip of the Tongue, ce nouveau WHITESNAKE est au final varié et équilibré musicalement ce qui pour un groupe de 42 ans d’âge est déjà une réussite en soi. Il lui manque peut-être un petit brin de folie mais il faut reconnaître qu’à aucun moment du disque la voix de David Coverdale n’aura été prise en défaut… Un miracle de la technologie moderne ? Seule sa performance au Hellfest le 23 Juin prochain nous le dira, forcément.

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